Au moment où la rentrée
littéraire - septembre est
un beau mois pour le suicide collectif - bat son plein et même
son trop-plein, où "Galligrasseuil" instrumentalise
le souk des Prix
et où les gazettes noircissent du papier avec Amélie Nothomb
ou Frédéric Beigbeder (dont le bouquin sur le 11 septembre
est, au passage
et malgré ses anglicismes, assez bon), il n'est pas interdit
de quitter l'autoroute
blanche surchargée et de filer sur les chemins de traverse.
Direction la littérature noire, le côté obscur des
choses et des êtres.
Et parmi les auteurs de polars qui comptent, Jean-Bernard Pouy n'est
pas le dernier à prouver que style et roman noir peuvent faire
bon ménage. Touche à tout
de talent, Pouy dit, tout au long de ses livres publiés dans
la mythique Série Noire,
la fuite, le deuil, le respect de la parole donnée, de certaines
idées (pas vraiment ancrées à droite…) sans
oublier, l'essentiel, l'humour et la tendresse pour
des personnages qui ont de la grandeur. Cela valait bien un dossier
dans Travelling!
Ce qui n'empêchera pas l'intelligentsia – il en va de même
pour le cinéma,
où un Raoul Ruiz grotesque sera toujours mieux perçu qu'un
petit film policier
bien ficelé – de continuer à penser que le polar
est un art mineur.
Qu'il me soit permis d'adresser à ces gens-là un majeur
bien tendu! |
P.S.: Précision
qui a peut-être son importance,
quand je parle de polar, j'entends le roman noir, social, littéraire,
ancré dans la réalité du monde, et pas le roman
policier
ou le thriller, autres genres ou sous-genres qui ont chacun
leur propre univers, style et public. |