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Chacun cherche son cash
 



Ni pour ni contre
(bien au contraire)
Polar réalisé par
Cédric Klapisch
2002
Avec Vincent Elbaz,
Marie Gillain,
Zinedine Soualem, Simon Abkarian, Dimitri Storoge
Durée: 1 h 51

 

Habitué de la comédie, Cédric Klapisch se lance dans le polar avec Ni pour ni contre (bien au contraire). Un exercice de style qui, de la lumière aux acteurs, frise le sans faute. Brillant et jouissif!

lettrinee prime abord on se dit, c'est quoi ce titre. Ensuite on y va parce que c'est Klapisch, qu'on a aimé L'auberge espagnole, film sympathoche, jolie petite comédie européenne, qu'on se souvient avec plaisir d'Un air de famille, de Riens du tout, du Péril jeune, de Chacun cherche son chat et surtout parce qu'on est curieux de voir comment le bonhomme s'en tire dans un pur film de genre: le polar (genre très prisé de Travelling).
D'entrée, cela se sent, Klapisch a bien révisé ses codes: des flingues de concours, des petits truands qui rêvent d'artiche, des pépées d'enfer, de belles pompes, de belles carrosseries, de la gouaille audiardisante, le monde interlope de la nuit, l'atmosphère, les lumières, tout y est. Avec ce supplément d'âme (version Westlake – voir notre section polars): l'humour.
Il faut dire que si le casting est composé de demi-sel (les personnages, pas les acteurs,), il ne fait pas dans la demi-mesure. C'est du cousu-main, du mijoté aux petits oignons, rarement on avait vu une si belle équipe de branquignoles. Dans ce drôle de club des cinq, il y a Jean (Vincent Elbaz) le "cerveau", le chef, dandy à chaînette, Mouss (Zinedine Soualem), chorégraphe plutôt trouillard, Lecarpe (Simon Abkarian), vendeur de kebab peu loquace, Loulou (Dimitri Storoge), jeune chien fou et last but nor least, Cathy (Marie Gillain), caméraman engagée sur un coup et qui va choisir son camp: celui du fric facile et de l'adrénaline. De braquages de bijouteries en petits coups "pépères", les cinq se prennent pour la dream team et après un petit tour dans une suite du Carlton, se préparent à monter sur un casse autrement ambitieux et risqué, le cambriolage d'un dépôt de fonds, lequel tournera à la bérézina. Car si la première partie du film est parfois hilarante (le plan d'attaque griffonné à l'aide de ketchup et de moutarde, le tir au pigeon version ski-nautique…), la deuxième partie est sombre, violente et sanglante.
Immense polar (de ceux que les Américains sont incapables de produire), Ni pour ni contre est une totale réussite (sauf peut-être la toute fin, qui explique trop clairement ce que tout le monde avait deviné). Les décors sont magnifiques (boîte à culs scintillante, bars branchés, plages cannoises, banlieue grise), la lumière somptueuse (merci au directeur de la photo Bruno Delbonnel), les acteurs brillants (mention à Marie Gillain - qu'on avait pas vue aussi bien depuis L'appât - et à son regard tantôt enfantin, apeuré, intrigué, fatal ou machiavélique), la mise en scène soigne le tout et Klapisch réussit là un polar jouissif. On n'est pas contre, bien au contraire…

PBu

cotation 6/7

 
© Bac Distribution
 
© Bac Distribution
 
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