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Caramba, encore raté pour Dortmunder!

Le voleur de Westlake croise un trio inclassable dans Mauvaises nouvelles. Pour son malheur, comme d'hab'! Sur fond d'ADN, d'Indiens et de casino, un thriller qui roule sur la déjante. Mineur certes mais diablement réussi!
l n'y a jamais beaucoup de risques à miser quelques deniers sur Donald E. Westlake. Une fois le noir, une fois le rouge (pour le rire, pas pour le sang) et surtout beaucoup d'impairs, bonjour messieurs au revoir les gars, la roulette tourne et la banque raque! Car comme son héros récurrent, John Dortmunder, Westlake est un sacré numéro. Ici dans ces Mauvaises nouvelles qui en seraient plutôt de très bonnes pour le lecteur, il nous emmène chez les Indiens et plus précisément à Silver Chasm, connu pour son casino exploité par les tribus Oshkawas et Kiotas. Et qui dit casino dit pognon…


 

C'est ce que ne vont pas tarder à comprendre Dortmunder - "incarnation du criminel auquel songeaient particulièrement les législateurs quand ils avaient promulgué la loi des "trois-fois-c'est-la-prison-à-perpète" - et sa bande mis sur le coup par un drôle de trio. Présentation.
"Petite Plume , ancienne showgirl, Amérindienne, était une jolie femme dans le genre taillée dans le granit, comme si sa mère était Pocahontas et son père le Mont Rushmore, Irwin Gabel, professeur d'université déshonoré était un homme grand et osseux: deux omoplates surmontés d'une pomme d'Adam, avec un regard à la fois triste et méprisant qui faisait merveille dans les salles de cours, mais qui n'était guère utile dans le monde extérieur. Quant à Guilderpost, le cerveau de l'opération, il ressemblait à un cerveau de l'opération: corpulent, digne, avec des cheveux blancs qui tombaient par vagues sur un front pâle et distingué."

Ça flambe au casino
Mais avant de toucher au jackpot, il faut déterrer un cadavre, le remplacer par un autre dont l'ADN est plus conforme à celui de Petite Plume (le but de la manœuvre étant de faire croire aux autorités de Silver Chasm que la jeune Amérindienne est la dernière survivante de la tribu des Pottaknobbees - que les Kiotas et Oshkawas croyaient éteinte - et, qu'à ce titre, elle a droit à un tiers des bénéfices du casino). Une arnaque brillante (et je ne vous parle pas des rebondissements) qui, finalement menée de main de maître par John – sous ses airs de branquigole, un pur génie – n'aura pas le résultat escompté, les gérants du casino étant plutôt du genre flambeurs…

 

 

Pourtant toute la bande y croyait à ce tour de passe-passe génétique: "C'est merveilleux, la précision absolue des tests d'ADN! D'abord on met un faux corps dans une tombe pour qu'il corresponde à notre fausse héritière, ensuite on se retrouve avec un faux faux corps, et maintenant, voilà qu'on va trouver des faux faux cheveux. Un échantillon échangé va être comparé avec un autre échantillon échangé. Il n'y aura absolument rien d'orthodoxe dans ce test." Et vive la technologie!

Fantaisie cocasse
Forcément en dessous et moins profond que Le contrat et surtout que son chef-d'œuvre absolu Le couperet, cette aventure de Dortmunder (personnage attachant à la manière du Bernie Rhodenbarr de Lawrence Block) prouve une fois de plus que Westlake est un raconteur hors pair, un déconneur de première et qu'après avoir pondu plus de septante romans, le bonhomme a encore un sacré souffle. Une fantaisie cocasse, qu'on déguste avec un plaisir non dissimulé.

PBu

 

Mauvaises nouvelles, de Donald Westlake, éditions Rivages/Thriller

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