Ce jour-là,
j'aurais mieux fait de ne pas aller au cinéma
Disons-le d'entrée, Ce jour-là,
film proprement dramatique de l'inepte Raoul Ruiz, a d'ores et déjà
sa place au panthéon de cette rubrique, en l'occurrence de cette
rubrique à braque. Et le fou, c'est celui qui paye sa place!
"Mais attendez, je vais vous expliquer! –
Non, ce n'est pas la peine". C'est toujours sympa une "œuvre"
qui, d'entrée de jeu, livre ses clefs. Dommage qu'il n'en faille
point pour enfoncer les portes ouvertes!
Tentons tout de même de résumer Ce
jour-là. Il y a donc une folle (Elsa Zylberstein jouant presque
aussi bien que ma plante verte) qui voit des anges partout et cuisine très
bien le rostbeef saignant, un héritage monstrueux, propre à
racheter la Suisse (et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier
d'alu…), un complot bourgeois doublé d'un hold-up d'Etat et,
au milieu de ce salmigondis qui se voudrait à multiple lectures,
un fou psychopathe et diabétique (Bernard Giraudeau se demandant
ce qu'il fait là) qui tue à tour de bras, mais épargne
sa "cible". Le tout arrosé de Sal Sox, sorte de ketchup
au soja anti-cholestérol, anti-cancer, anti-rides, mais visiblement
pas anti-connerie.
Le tout sur-joué de manière théâtrale
(on me dira que c'est voulu, ça n'en reste pas moins insupportable)
et filmé dans la brume helvétique au cœur d'un canton
de Vaud avé l'accent, où les flics ne font rien sinon nettoyer
les tampons et où le calme ne peut cacher que d'hypocrites tempêtes
dans un océan de pognon (méfions--nous de l'eau qui dort!).
Et les Français, ils ont toujours un béret et une baguette
sous le bras?
Humour ravageur? Fable politique? Thriller fantastique?
Mais bien sûr… Il n'y a que les tenants cinéphiles d'une
certaine intelligentsia pour voir en Ruiz le Buñuel du cinéma
actuel et en Ce jour-là une comédie loufoque, surréaliste
(ah ça…), hallucinée (et hallucinante…) dont
la douce folie, la poésie jubilatoire (mot à bannir absolument
du vocabulaire) toucherait au sublime. Ce qui rassure, c'est que le nombre
de lignes élogieuses sur Raoul Ruiz est inversement proportionnel
au nombre d'entrées des films du Chilien… Morale: aux innocents
les mains pleines et aux pédants les salles vides!…
Dans cette histoire qui tente d'être folle,
mais n'arrive qu'à être mortellement ennuyeuse et pesante,
il y a donc bien deux fous: Raoul Ruiz qui - c'est un appel - aimerait
trouver une place dans le plus proche asile et le spectateur qui paye sa
place…
Pascal Busset |
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Ce jour-là
Connerie monumentale
(officiellement
comédie helvétique)
réalisée par
Raoul Ruiz
2002
Avec Elsa Zylberstein,
Bernard Giraudeau, Rufus,
Michel Piccoli,
Jean-Luc Bideau.
Durée: 1 h 45
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