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Pif, paf, Poum
Belleville-Barcelone
De Patrick
Pécherot
Ed. Gallimard (Série noire)
 près
les années 20 sur la Butte de Montmartre, voici la fin des années
30 à Belleville, Paname, et Barcelone, Catalogne. L'an 38 pour être
plus exact. Le vent de l'Histoire n'est pas très frais, Nestor le
détective, le "manœuvre de la filoche" ne l'est pas
non plus. Parti sur une simple enquête de routine sur la fugue en
rut majeur d'une fille de bonne famille, il va tomber sur des os rongés
par l'idéalisme. Il va aussi retomber sur les poteaux, Corbeau,
le croque-mort qui donne dans l'illusion, Breton (vieille connaissance
déjà croisée dans Les brouillards de la Butte),
poète surréaliste qui a toujours le mot juste - "La
quête implique, par définition, le maximum d'aventure"
– une poignée d'anars, des bleus, des rouges, des vertes et
des pas mûres. Sans oublier un mystérieux chauve. Le tout
sur fond de Guerre d'Espagne, de fusils qui ont la bougeotte et de monde
qui change. "Eh bé, la lutte finale n'est pas une partie de
plaisir"…
Argot des pavés, fleurs d'Anarchie,
style irrésistible porté par des dialogues jouissifs - "C'est
un rouge? – Si on le mettait en bouteille, on risquerait pas de se
gourer" – Patrick
Pécherot, avec Belleville-Barcelone, hisse toujours
le drapeau noir, celui qu'on se doit de garder tatoué au fond de
son cœur, au sommet du polar. Dans le tourbillon de l'Histoire, il
convoque Andreu Nin, à propos duquel Albert Camus écrivit
"Sa mort marque un virage dans la tragédie du XXème
siècle, qui est le siècle de la révolution trahie",
Camilio Berneri, Carlo Rosselli, mais aussi Frida Kahlo, Trotski ou Michel
Simon. Une galerie qui, comme le roman, a de la gueule!
site:
www.pecherot.com
PBu
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Quand l'esprit déraille
Train perdu wagon mort
De Jean-Bernard
Pouy
Ed. La vie du rail
 es
trains qu'on voit passer le long des rails pas très clairs, ça
le connaît Jean-Bernard
Pouy (et pour mieux s'en convaincre, il n'est pas interdit de
se replonger dans le dossier que Travelling lui a consacré
lors de sa dernière livraison, dossier que l'on peut consulter dans
la section Archives)!
Dans Train perdu wagon mort, les rails sont
ceux d'une voie de chemin de fer qui traverse la Zoldavie, "riante"
contrée dans laquelle François, professeur spécialisé
en géopolitique, se rend officiellement pour une conférence
et officieusement pour y faire signer certains contrats. Mais il n'arrivera
jamais à Hailwan, la capitale! Car la voiture dans laquelle il a
pris place se détache du reste du convoi au milieu de nulle part,
"au fin fond du fin fond". Avec lui, dix-sept Robinson modernes
qui ne comprennent pas ce qui leur arrive. Les portables ne passent pas,
les heures si… A l'horizon, le soleil descend, dans le wagon oublié,
l'angoisse monte, alors on s'organise, on rationne l'eau, les vivres, on
ne sait jamais… On fait connaissance aussi et on commence à
échafauder des théories en espérant vainement l'arrivée
des secours. Accident, sabotage, jeu de télé-réalité,
expérience tordue? Et puis, il y a ces avions de chasse qui passent
au-dessus de leurs têtes. Pas forcément des oiseaux de bonnes
augures… Et si toute cette histoire, ce scénario tragique,
ne se déroulait que dans l'esprit de François?
"Un cauchemar filmé par Bergman"?
Plutôt une sorte de Hitcher kafkaïen, un western intimiste,
le côté obscur d'une aventure de Tintin! Avec style (comme
d'hab'), Pouy nous emmène dans son train fantôme. Vous en
redemandez, alors ça tombe bien parce que les éditions Les
contrebandiers ont sorti en ce début d'année 2004, Nycthémère,
charge pouyesque contre la pensée unique et inique.
PBu |
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Le diable est
un fumeur de havanes
Le meilleur des havanes
De John Lantigua
Ed. Métailié
 Little
Havana, le quartier cubain de Miami, les petites têtes comme les
gros bonnets fument le cigare, à tel point que les vitoles aux notes
boisées ou chocolatées sont devenues précieuses, se
révèlent économiquement très rentables. Willie
Cuesta, privé, va s'en rendre compte au fil d'une enquête
où il devra traverser plusieurs écrans de fumée avant
de connaître la vérité, où les gens ne meurent
pas tous du cancer des poumons...
Un tenancier de civette aveugle qui aime autant le
parfum des femmes que celui des cigares, des fabricants qui jouent sur
tous les tableaux, des contrefaçons d'Ambassadeur, l'Everest du
cigare cubain (rappelons que les vrais havanes, ceux de l'île, sont,
embargo oblige, interdits sur le sol américain), un Suisse trouble,
un secret de famille et quelques types retrouvés égorgés,
il y a tout ça dans Le meilleur des havanes de John Lantigua,
mais il y a surtout une atmosphère, celle de Little Havana, faite
de volutes bleutées et de voluptueuses femmes. Un peu de Scarface,
un peu de Miami Vice, de jolis personnages, une intrigue correcte,
Le meilleur des havanes a à la fois léger et corsé,
une sorte de croisement entre un cigare de Saint-Domingue - un Juan Clemente
obelisco - et un Havane – un Cohiba robusto.
PBu
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