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Attention
à l'excès de finesse…

Nanar spécial neuneu, Torque a remplacé les bagnoles de Fast anf Furious par des motos. A l'arrivée: du cuir, des gros cubes et une hallucinante poursuite urbaine qui pulvérise les bornes du grotesque. Crétin et pas qu'un p(n)eu!

ertes, ce serait une grande perte pour cette rubrique, mais, en même temps, les clients, bons il va sans dire, ne manquent pas. Donc arrêtons de tergiverser et pendons les réalisateurs de clips haut et court, en long, en large et même en travers. On peut aussi les découper en rondelles, les embrocher, les éparpiller façon puzzle aux quatre coins d'Hollywood, les ébouillanter, les écarteler: qu'importe la façon pourvu qu'on s'en débarrasse!
Le clippeur (avec reproches) du jour se nomme Joseph Kahn et comme ses congénères atteints de la tremblante de la caméra (Parkinson le glas…) il ne connaît pas les plans de plus de 5 secondes. Mis en selle par le producteur de xXx, de S.W.A.T. et des deux Fast and Furious, Kahn se la pète plein gaz. Macho, moto, boulot, c'est sa devise et on ne pourra pas lui faire le grief de l'oublier en chemin.
Nous voilà donc en pleine guerre de gang de motards. D'un côté la bande de Ice (gros) Cube (qui connaît bien le clippeur Kahn), de l'autre celle de Matt Schulze (que personne ne connaît). Au milieu, le héros, Martin Henderson. Bronzé de frais, avec sa combinaison estampillée "Carpe Diem", il revient après s'être fait oublier pendant six mois, histoire de régler une affaire d'homme (le vol par ses soins de deux Harley aux réservoirs stupéfiants) et de femme (renouer avec sa blonde). Un meurtre et une machination tentent de faire croire qu'il y a un scénariste dans le moteur, mais personne n'est dupe. Torque est un film de mécanique pure, bas de plafond ou plutôt raz du bitume. Les clichés sentent le cambouis et on ne risque à aucun moment l'excès de finesse!
Des gros cubes, des filles tatouées et piercées, des pneus qui crissent, des concours de bras de fer, de tee-shirts mouillés, des cascades grotesques (je recommande la poursuite finale en pleine ville qu'on croirait tournée par un gosse de 12 ans venant de découvrir les "bienfaits" d'une palette graphique - c'est littéralement à hurler de rire!), Torque carbure au crétinisme sans plomb.
C'est une réception chez l'ambassadeur où on ne s'y connaît pas...

Pascal Busset

 
 

Torque -
La route s'enflamme

Crétinerie motorisée
clipperisée par Joseph Kahn
2002
Avec Martin Henderson, Ice Cube, Monet Mazur, Jaime Pressly
Durée: 1 h 30

 

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