No. 5
Septembre 2004
 

"5x2"
François Ozon

"Mensonges et trahisons"
Laurent Tirard

"La mort dans la peau"
Paul Greengrass

 

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    salle de torture
 

Trop sévèrement Bourné

Deuxième adaptation sur grand écran des aventures de Jason Bourne, héros amnésique de Ludlum, La mort dans le peau est plombé par une mise en scène qui à force de vouloir être au plus près de l'action n'est plus nulle part. A oublier!

a seule à avoir tout compris, c'est Franka Potente (Marie), elle meurt au bout d'une quinzaine de minutes… Ça lui aura au moins évité de se choper un mal de crâne carabiné – le même dont est atteint presque constamment Jason Bourne, héros amnésique que l'on retrouve ici une nouvelle fois sous les traits de Matt Damon (lequel sous ses airs ordinaires cache un acteur d'une étoffe toute sauf banale). Un mal de tête dû à la réalisation de Paul Greengrass. Le metteur en scène britannique (Bloody Sunday), à force de vouloir être au plus près de l'action, dans l'action, finit par signer une bouillie visuelle qui tente de faire genre, style, mais ne parvient qu'à donner des hauts le cœur. A l'arrivée, saoulé de plans épileptiques, on tente vainement de se souvenir d'un plan posé, d'une caméra qui n'aurait pas la tremblante du mouton, de quelques moments de respiration…

Pourtant ce n'est pas faute d'aimer le personnage de Bourne, tueur gouvernemental amnésique qui après avoir réussi pendant deux ans à se faire oublier de ses anciens employeurs (qui voudraient bien solder son compte), se voit obligé de quitter sa "planque" indienne pour échapper à des tueurs russes payés en pétrodollars et déjouer les plans de la CIA qui veut lui faire endosser le désastre d'une opération à Berlin. Une bonne occasion pour Jason Bourne de rassembler quelques pièces de sa mémoire-puzzle (et d'enfin connaître son vrai nom!). C'est dans ces instants-là que La mort dans la peau est le plus convainquant, quand le film colle à cette identité fragmentaire, à cette quête désespérée, à cet homme toujours au bord de la dépression, un type qui aurait bien voulu être quelqu'un d'autre et qui cherche à être simplement quelqu'un, anonyme, pas traqué. Un humain avec un avenir.

Victime d'une mise en scène trop sévèrement Bournée, qui trouve une sorte d'apogée dans la scène de stock-car où, au milieu des étincelles, des tôles fracassée et autres tirs intempestifs, on est bien incapable de voir quoi que ce soit - scène qui vous file une méchante envie de lui la faire bouffer, sa caméra, au sieur Greengrass! -, La mort dans la peau est très nettement inférieur à La mémoire dans la peau, première adaptation sur grand écran, signée Doug Liman, de la trilogie écrite par Robert Ludlum.

Avec Paul Greengrass, plus besoin d'aller au Luna Park pour avoir les sensations du grand huit – des hauts et beaucoup de bas, toujours au bord de la gerbe!

Pascal Busset

 
 

La mort dans la peau
(The Bourne Supremacy)

Film d'espionnage
concassé par
Paul Greengrass
2003
Durée: 1 h 49
Avec Matt Damon, Brian Cox,
Franka Potente, Julia Stiles,
Joan Allen

 

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