Trop
sévèrement Bourné
Deuxième adaptation sur grand écran
des aventures de Jason Bourne, héros amnésique de
Ludlum, La mort dans le peau est plombé par une
mise en scène qui à force de vouloir être au
plus près de l'action n'est plus nulle part. A oublier!
a
seule à avoir tout compris, c'est Franka Potente (Marie),
elle meurt au bout d'une quinzaine de minutes… Ça lui
aura au moins évité de se choper un mal de crâne
carabiné – le même dont est atteint presque constamment
Jason Bourne, héros amnésique que l'on retrouve ici
une nouvelle fois sous les traits de Matt Damon (lequel sous ses
airs ordinaires cache un acteur d'une étoffe toute sauf banale).
Un mal de tête dû à la réalisation de
Paul Greengrass. Le metteur en scène britannique (Bloody
Sunday), à force de vouloir être au plus près
de l'action, dans l'action, finit par signer une bouillie
visuelle qui tente de faire genre, style, mais ne parvient qu'à
donner des hauts le cœur. A l'arrivée, saoulé
de plans épileptiques, on tente vainement de se souvenir
d'un plan posé, d'une caméra qui n'aurait pas la tremblante
du mouton, de quelques moments de respiration…
Pourtant ce n'est pas faute d'aimer le personnage de Bourne, tueur
gouvernemental amnésique qui après avoir réussi
pendant deux ans à se faire oublier de ses anciens employeurs
(qui voudraient bien solder son compte), se voit obligé de
quitter sa "planque" indienne pour échapper à
des tueurs russes payés en pétrodollars et déjouer
les plans de la CIA qui veut lui faire endosser le désastre
d'une opération à Berlin. Une bonne occasion pour
Jason Bourne de rassembler quelques pièces de sa mémoire-puzzle
(et d'enfin connaître son vrai nom!). C'est dans ces instants-là
que La mort dans la peau est le plus convainquant, quand
le film colle à cette identité fragmentaire, à
cette quête désespérée, à cet
homme toujours au bord de la dépression, un type qui aurait
bien voulu être quelqu'un d'autre et qui cherche à
être simplement quelqu'un, anonyme, pas traqué. Un
humain avec un avenir.
Victime d'une mise en scène trop sévèrement
Bournée, qui trouve une sorte d'apogée dans la scène
de stock-car où, au milieu des étincelles, des tôles
fracassée et autres tirs intempestifs, on est bien incapable
de voir quoi que ce soit - scène qui vous file une méchante
envie de lui la faire bouffer, sa caméra, au sieur Greengrass!
-, La mort dans la peau est très nettement inférieur
à La mémoire dans la peau, première
adaptation sur grand écran, signée Doug Liman, de
la trilogie écrite par Robert Ludlum.
Avec Paul Greengrass, plus besoin d'aller au Luna Park pour avoir
les sensations du grand huit – des hauts et beaucoup de bas,
toujours au bord de la gerbe!
Pascal Busset |
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La mort dans la peau
(The Bourne Supremacy)
Film d'espionnage
concassé par
Paul Greengrass
2003
Durée: 1 h 49
Avec Matt Damon, Brian Cox,
Franka Potente, Julia Stiles,
Joan Allen
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